La mobilité professionnelle face à des défis inédits

Après une explosion historique des effectifs en télétravail, les entreprises sont confrontées à la nécessité de s’interroger sur la nouvelle donne sanitaire qui fait évoluer les déplacements. La recherche du meilleur compromis entre la nécessité de voyager et l’importance des précautions sanitaires soulève de nombreuses questions.

Dans une étude publiée fin 2019 sur les tendances relatives à la mobilité professionnelle, l’agence BCD Travel révèle que « chaque dollar dépensé en voyage d’affaires génère des revenus supplémentaires de 12,50 dollars. » Une valeur ajoutée considérable lourdement menacée par la crise sanitaire et ses effets sur les déplacements professionnels. De nouvelles pratiques entrent d’ores et déjà en vigueur et s’apprêtent à modifier durablement le rapport à la mobilité, aux rencontres entre collaborateurs et à leur organisation.

Entre les craintes des salariés et les précautions d’usage, les moyens de transport accueillant d’importants groupes tels que les avions, les trains ne sont plus recommandés lorsque des solutions alternatives sont possibles. De l’avis de plusieurs experts, la liberté de choix de chacun doit plus que jamais être au cœur des décisions. Encore naissant jusqu’ici, le crédit mobilité pourrait bien tirer son épingle du jeu. Contrairement au cas de figure d’un véhicule de fonction classique, il s’agit de confier à un collaborateur soit une solution d’autopartage, soit une voiture de fonction de moindre gamme ou ayant de bonnes performances écologiques. Dans les deux cas, on y associe un crédit utilisable librement pour d’autres moyens de transport au choix.

Le montant en euros alloué à l’employé est calculé sur la base du TCO (Total cost of ownership) du véhicule de fonction. L’utilisateur peut ainsi consommer le crédit mobilité à sa guise. La société Ubeeqo, spécialisée dans les services d’autopartage, est en partenariat avec certaines entreprises qui proposent ce type de formules, prenant d’ailleurs à sa charge la gestion des factures et remboursements à l’égard de l’employé.

Vers des pratiques innovantes

Au sein du groupe Danone, plus de 10 % des collaborateurs ont déjà choisi opté pour ce système. Le géant bancaire Natixis envisage lui aussi des solutions de ce type, consistant à attribuer à un collaborateur un montant annuel en lui confiant le paiement de toutes ses dépenses relatives à la mobilité, des transports aux hébergements en passant par la restauration. L’objectif est également de réduire les coûts en incitant les collaborateurs à privilégier une entrevue à distance par visioconférence, lorsque celle-ci est suffisante. Une manière de soigner ses dépenses tout en conservant une vigilance sanitaire.

Le nouveau contexte des entreprises fait également apparaître de nouveaux frais. Outre la mise à disposition indispensable de masques, de gel hydro-alcoolique, de matériels additionnels en faveur du télétravail, des budgets supplémentaires sont à prévoir en matière de mobilité. Le crise du Covid-19 a fait évoluer depuis le 11 mai dernier le « Forfait mobilité durable », entré en vigueur avec la loi LOM (Loi d’Orientation des Mobilités) fin 2019. Désormais, les employeurs sont incités à prendre à leur charge les frais de déplacement à hauteur de 400 euros par an et par salarié pour toute utilisation de solutions de transports alternatives telles que le vélo ou l’autopartage. Des aménagements à plus long terme comme des espaces de parkings adaptés risque d’être envisageables.

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